Música de Cine
Música incidental - compositores
  De nombreux compositeurs du XX° siècle ont pu exercer leur métier grâce à une longue participation à l'industrie cinématographique. Ainsi Georges Auric (1899-1983) qui écrira la musique de plus de 130 films entre 1930 et 1970 et Mario Castelnuovo-Tedesco (1895–1968) avec 200 films rien que pour la Metro-Goldwyn-Mayer - "composer of original music or composer of stock music" , " credited or uncredited" - en seulement 15 ans (1939-1954).
"De Mario Castelnuovo-Tesdesco, on se souvient aujourd'hui avant-tout de son oeuvre pour guitare et de sa musique de film"
  Ainsi, il serait plus simple de parler des compositeurs marquants de cette période qui n'ont pas, ou si peu, été pris par le cinéma: le cas de Arnold Schoenberg est notoire quand tous les compositeurs fuyant l'Allemagne nazie pour les USA trouvent, à Los Angeles en particulier, les opportunités de carrière inespérées que leur offre cette industrie.
  Son ancien élève Hanns Eisler (1898-1962) dont la filmographie compte plus de 50 titres (sa partition la plus célèbre en ce domaine reste Vierzehn Arten, den Regen zu beschreiben Op.70 de 1941 pour accompagner le film Regen de Joris Ivens tourné en 1928, restauré en 1941) consignera dans un livre Composing for the Films (1947) le résultat de ses expériences. La composition en question est, depuis, devenue une pièce de concert encore assez souvent jouée.
  "Eisler proposes a mode of structuring the relations between image and music that would be antithetical to the dominant classical Hollywood practice, nevertheless the composer simply reversed the specific function of film music from illustrative parallelism to agitative counterpoint, failing to either explain how meaning arises in the combination of sound and image or to broaden film music practice as a result of achieving such an understanding. Its true that Eisler attempted to reverse parallelism with counterpoint, to create film music that would work against the image and destabilize the ideological dominants working through the techniques of mediated vision; though it should also be mentioned that Eisler certainly claimed usefulness for both parallel and contrapuntal methods.
  But a central problem lurks: why should music in film be the vehicle for either parallelism or counterpoint? In other words, why, in a theoretical sense, should music be taken up as the missing element that completes the film, and in completing it, warranting its aesthetic value? Especially in the case of Eisler, whose Rockefeller Foundation-funded Film Music Project revolved around re-scoring already edited film sequences, the usual Hollywood composers complaint that music was too often treated as a secondary and inessential element was turned on its head. In effect, while Eislers goals for the film music project putatively revolved around raising standards for composition in film music, there is a reverse metonymy operating in its logic – music comes in to stand, not for the film itself, but for the art of film more broadly, since film suffers as an art if its music is not worthy. A logic of musical exceptionalism circulates through the pages of Composing for the Films"
Composing for the Media (2009) by James Tobias.
  La partition de musique de film, dans sa conception la plus fréquente, suit le découpage des scènes du film:
  • pour La Belle et La Bête (1946) de Jean Cocteau (1889-1963), Auric produit 24 séquences dont la durée varie de 1 minute à 4 minutes 1/2 (ex. générique). Elle est donc un réel contrepoint. De Auric compositeur de musique de film on aura pu dire:
    "Il fut un des premiers à doter les films sur lesquels il travaillait d’une identité musicale en rupture définitive avec l’illustration à la classique. Au lieu de s’appliquer à souligner certains effets et à s’abandonner à la dictature du synchronisme, Georges Auric imagine l’envers du film et projette sa musique sur le devant de l’écran. Même si les mixages restaient encore approximatifs, on peut déceler dans ses divers travaux l’esquisse d’une pratique de la profondeur du champ sonore."
    Des compositeurs pour l'image (1982) - A. Lacombe
  • pour Castelnuovo-Tedesco, le cinéma aura été, bien avant qu'il en devienne une sommité, une source d'inspiration particulière de par les nouveaux personnages que les scénaristes et les animateurs inventent:
  • "The 2 Film Studies (1931) characterise Charlie Chaplin and Mickey Mouse. The composer explained his choice thus: “[They are] undoubtedly the largest and most complete personalities of the cinema […] even from a musical point of view.” Both are vividly portrayed. Charlie’s awkward gait and slapstick turns plus the sentimental pathos of his predicaments are artfully captured; so too are Mickey Mouse’s cavortings and, in their contexts, we hear irreverent references to Bizet and Puccini."
  • Fil Study #2 Mickey Mouse (1931)   pièce pour piano de Mario Castelnuvo-Tedesco
  • générique de Vampires (1934)   orchestral score by Mario Castelnuvo-Tedesco
  • Vierzehn Arten den Regen zu beschreiben (1941)   sextet de Hanns Eisler
  • Hangmen Also Die! (1943)   orchestral score by Hanns Eisler
  • générique de La Belle et la Bête (1946)   orchestral score by Georges Auric
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    Vers un cinéma d'auteur: la nouvelle vague
      Plusieurs films dans l'après-guerre (le début de la deuxième moitié du XX° Siècle) vont modifier les relations entre les images et la musique:
  • Jeux interdits (1952) de René Clément (1957) : cette réalisation est typique d'un retour du "clacissisme illustratif": pas de création, pas de mimétisme du rythme musical sur celui des images, un fossé constant entre la musica seria ancienne et une ydille moderne... mais l'interpréation de Narciso Yepes fera du thème principal un hit encore actuel. Pourtant, Blood and Sand (1941) de Rouben Mamoulian (1897-1987) avait déjà sollicité cette pièce, la Romance, interprétée par Vicente Gomez (1911-2001) plus flamenco que Narcisso. C'est pourtant un menuet extrait de l'opéra Platée que nous préférerons à cette Romance, le décalage étant ici à son comble, quoique certainement involontaire.
  • Leo Brouwer & Jeux interdits
  • A l'inverse du précédent, Ascenseur pour l'échafaud (1957) de Louis Malle (1932-1995) va tirer un trait de séparation entre l'esthétique douce et la complicité haletante entre le réalisateur, ses acteurs et son musicien, laquelle atteint le paroxysme dans un récit tout en suspens dont le déroulement fatale est annoncé et répétée par l'improvisation sur le film de Miles Davis (1926-1991): le jazz blues devient donc le double du film noir.
  • L'année dernière à Marienbad (1961) de Alain Resnais (1922-2014) inaugure une triple liaison entre le traveling intérieur, la voix off du personnage principal et la musique pour orgue de Francis Seyrig (1927-1979). Cinq ans plus tôt le réalisateur avait choisi Hanns Eisler (vide supra) pour le documentaire Nuit et Brouillard (1955).
  • Romance de Jeux Interdits (1952)   pièce pour guitare par Narcisso Yepes
  • Romance de Arène Sanglante (1941)   pièce pour guitare par Vicente Gomez
  • Nuit sur les Champs-Elysées de Ascenseur pour l'échafaud (1957)   de Miles Davis
  • Valse de l'Année dernière à Marienbad (1961)   partition de by Francis Seyrig
  • générique de Nuit et Brouillard (1946)   orchestral score by Hanns Eisler
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    La musique à l'ICAIC
      Extrait de la revue Cine Cubano, la Pupila Insomne de 2017, voici un palmarès actuel des meilleurs films cubains de fiction, depuis le début de la Révolution de 1959, dont on peut extrapoler immédiatement le rôle que joua Leo Brouwer dans la production cinématographique cubaine, dès 1964, année où il prend la tête de la Musique à l'ICAIC: on lui attribue la musique d'une cinquantaine de film de fiction et de documentaires entre 1960 et 2005.
    Los mejores filmes cubanos de ficcion (1959-2008)
    titre année réalisateur musique
    Memorias del subdesarrollo 1968 Tomás Gutiérrez Alea Leo Brouwer
    Lucía 1968 Humberto Solás Leo Brouwer
    Fresa y chocolate 1993 Tomás Gutiérrez Alea José María Vitier
    La muerte de un burócrata 1966 Tomás Gutiérrez Alea Leo Brouwer
    La primera carga al machete 1969 Manuel Octavio Gómez Leo Brouwer & Pablo Milanes
    Retrato de Teresa 1979 Pastor Vega Carlos Fariñas
    La última cena 1976 Tomás Gutiérrez Alea Leo Brouwer
    De cierta manera 1974 Sara Gómez Sergio Vitier
    Suite Habana 2003 Fernando Pérez Edesio Alejandro
    Aventuras de Juan Quin Quin * 1967 Julio García Espinosa Leo Brouwer
    Los sobrevivientes 1979 Tomás Gutiérrez Alea Leo Brouwer
    Cecilia 1982 Humberto Solás Leo Brouwer
    * on remarquera au passage une parodie de la musique musicale de The Magnificent Seven (1960)
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      Fondée en 1959 par Alfredo Guevara, l'Instituto Cubano de Arte e Industria Cinematograficos se dotera dix ans plus tard d'un département spécial pour la musique et le son: le Grupo De Experimentación Sonora de l'ICAIC est composé d'un noyau de jeunes musiciens et quelques musiciennes qui, sous la direction de Leo Brouwer, leur professeur en composition et contrepoint, vont produire l'essentiel de la musique pour les films et de documentaires réalisés par l'Institut. Puis le G.E.S. va essaimer ses musiciens dans divers mouvements dont la Nueva Trova et orchestres, dont IRAKERE.
    El primer año del GES se dedicó fundamentalmente al estudio y a la grabación de música para noticieros y documentales. Se elaboró un sistema de estudios (teóricos y prácticos) totalmente revolucionario, que se combinan con ensayos y audiciones de casi toda la música posible: de Beethoven a John Coltrane, de Gilberto Gil a Ravi Shankar, de Anton von Webern a Xenakis, de Frank Zappa a Blood, Sweat and Tears, de Sindo Garay a Juan Blanco y, por supuesto de Bach a los Beatles. Por otra parte los profesores fueron Juan Elósegui (primer viola de la sinfónica), Federico Smith y Leo Brouwer. Elósegui contribuyó con su original método de solfeo, que impartió a los compañeros que hasta entonces tocaron sólo de oído, como era el caso de los trovadores (salvo Eduardo Ramos). El compositor Federico Smith, quien había trabajado junto a Leo Brouwer en el Teatro Musical, impartió geniales clases de armonía, instrumentación y orquestación. Leo también impartió en un principio estas disciplinas, concentrándose luego en otras como contrapunto, fuga, formas musicales y composición. El resultado fue que en un tiempo increíblemente breve casi todos éramos capaces de escribir una partitura para cine o la orquestación de una canción, ya fuera propia o de otro integrante del grupo. Además, se hicieron estudios de acústica, ya fuera propia o de otro integrante del grupo. Además, se hicieron estudios de acústica, electroacústica y técnicas de grabación, que estuvieron a cargo de los propios ingenieros de sonido del ICAIC, sobre todo Jerónimo labrada. poco a poco los cineastas comenzaron a acercarse al grupo. Los primeros fueron los documentalistas, los consagrados que hacían ya largometrajes tardaron más en convencerse. El primero que vio claro fue Santiago Alvarez quien utilizó nuestra música en sus nada cortos documentales. Luego contaron con nosotros Sara Gómez, Sergio Giral, Manolito Herrera, más tarde Manolito Pérez, Octavio Cortázar y otros.
    EcuRed - Grupo de Experimentación Sonora del ICAIC
      Leo Brouwer résume sa conception de la musique de film dans cette phrase:
    «La primera virtud que debe tener la música para el cine es no estorbar al film» ( La première vertu de la musique de film est de ne pas entraver le film ).
      Si l'on y regarde de plus près, on trouvera une assez grande diversité de méthodes et de styles où figurent le collage, l'esthétique de l’urgence, le montage, la décolonisation culturelle, l'emploi de documents d’archives ... autant de notions qui méritent que l'on leur consacre de l'attention par l'étude détaillée de la production de l'ICAIC qui fait école dans toute l'amérique latine (Chili, Argentine, ...) et rejoint les mouvements du Cinema Novo brésilien (1950-1960) et de la MPB (Musica Popular Brasileira) qui ont commencé neuf ans plus tôt .
    Dans les années 1960, le collage audiovisuel est devenu un trait caractéristique du documentaire latino-américain de décolonisation culturelle. Santiago Álvarez et le Grupo Cine Liberación en étaient les principaux représentants. Par la suite, le collage s’est également répandu au Chili parmi les cinéastes partisans de l’Unité populaire. À travers cette technique, on a assisté à une remise en question du mode de représentation hégémonique à partir d’une “esthétique de l’urgence”, dont l’antécédent direct est l’œuvre de Dziga Vertov.
    Ignacio del Valle Dávila - CineLatino 2013
    Aujourd'hui
      Depuis les années 80, Brouwer semble avoir laissé de côté la musique de film pour se consacrer pleinement à la composition de nombreuses musiques pour orchestres (dont des suites symphoniques reprenant des partitions de musique de films par d'autres compositeurs - Max Steiner, John Williams etc...) et plus de dix concertos. Mais l'importance de la musique de film et de la technique cinématographique demeurent une des composantes constantes de sa production. Ainsi, il précisera:
    [...] There are many things from my symphonic work, which are known more or less, such as resuming resonances, colors and cross-fading. And also film technique: I use the concept of flashback from film very much, and I use stop motion a lot, especially in the 1960s and 1970s. [...]
    A 2008 Interview with Leo Brouwer by Thérèse Wassily Saba in January 2010 issue of Classical Guitar
    [...] J’ai dit au maître Nelson Rodríguez que le montage cinématographique m'a apporté la solution à plus d’un problème structurel dans la composition. [...]
    Leo Brouwer: Avec les portes ouvertes pour tous par Pedro de la Hoz (2009)

  • flashback introduction d'une action qui s'est déroulée chronologiquement avant l'action en cours
  • stop-motion un défilé d’images fixes destiné à donner l’impression d’un mouvement



  • Películas producidas por el ICAIC con música de Leo Brouwer
  • Leo Brouwer. El músico ideal para hacer cine
  • Revista Cine Cubano
  • A propos de la Revista Cine Cubano (Mariana Villaça - UNIVERSIDADE FEDERAL DE SÃO PAULO (UNIFESP) 2022)
  • Brouwer à Cannes
  • Leo Brouwer por Luciano Castillo / Enfoco n°16 Abril 2009