Généalogie cubaine - Sergio Vitier
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Sur toutes les fiches biographiques concernant Juan Leovigildo Brouwer Mezquida (né le 1° mars 1939) on trouve la mention "guitariste, compositeur et chef d'orchestre cubain, petit-neveu de Ernesto Lecuona (1895-1963), compositeur de La Malagueña [...] ".
On sait en outre que Léo aime parler de l'héritage musical de son père, guitariste autodidacte, etc, etc ... Enfin, il se réclame, de par son professeur Isaac Nicola (1916-1997), qui étudia avec Emilio Pujol Vilarrubi (1886-1980) lui-même élève direct de Francisco Tárrega (1852-1909) ... logiquement de l'école de ce dernier. Isaac Nicola Romero (1916-1997) était le fils de la guitariste Clara Romero de Nicola (1886-1980) et le père du musicien Noel Nicola (1946-2005) éminent représentant de la Nueva Trova ... (bon sang ne saurait mentir!). Ceci n'est pas sans rappeler les dynasties musicales des XVII° et XVIII° siècles (les Bach en Allemagne, les Couperin en France, les Scarlatti à Naples ...). Avec seulement sept millions d'habitants (recensement de 1960), on sera frappé par la quantité et par la qualité des musiciens de la Grande Ile (et petite nation) dont on peut suivre la trace et l'influence qui perdurent et s'exportent grâce à l'édition et aux enregistrements, grâce à l'enseignement (de plus en plus d'étudiants étrangers viennent à Cuba pour s'instruire et s'imprégner de cette culture mixte). Bien des plus grandes nations (à l'échelle x10 ou x100) ne connaissent proportionnellement pas un tel rayonnement. Est-ce parce que la musique et la danse à Cuba sont indissociables des moeurs et de la vie quotidienne, voire du lignage? En tout état de cause, le musicien - les chanteurs en particulier et ceux qui inventent les danses - est le garant de l'identité sociale. | ||
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Méconnu (1) en dehors de Cuba, Sergio Vitier (1948-2016), un musicien exactement contemporain de Brouwer et co-fondateur et co-développeur du GES de l'ICAIC fut le représentant d'une lignée reliant quatre générations, una familia de destacados intelectuales y artistas:
En 2012 Leo Brouwer compose une Elegia por Cinto Vitier (duo flute-guitare - Editiones EE 2017).
Il n'est pas exagéré de dire, avec ces histoires de familles, qu'à Cuba tout le monde se connait: du moins, impossible de s'ignorer ou de faire semblant de se connaître sans être réellement concerné. L'histoire de l'une cotoie l'histoire de l'autre, la culture de l'une est facteur d'émulation pour l'autre. Aussi Sergio apparaîtra-t-il comme un "jumeau" de Leo: compositor y guitarrista versátil, il est crédité de el maestro secreto de la música cubana
"Nadie como Sergio Vitier supo hacer confluir la percusión africana y la guitarra española, los tambores batá y la música de tradición hispana, los ritmos populares cubanos y las composiciones clásicas más elevadas." (2)Ce sont donc les éléments de l'autre généalogie cubaine, non pas celle des familles de l'écrit mais celle des familles de la tradition orale, hissée depuis Alejandro Garcia Caturla (1906-1940) et Amadeo Roldan (1900-1939) à la hauteur d'inspiration, de contenu et de forme pour la musique instrumentale "savante" qui se perpétue chez Sergio Vitier, à la suite du travail inaugural de Fernando Ortiz (1881-1969).
" [...] exploró las esencias y límites de la música negra en su simbiosis con los ritmos populares cubanos y otros géneros, algo que también hizo como compositor de música culta, en la que introdujo células rítmicas de origen yorubá fusionadas con la guitarra española." (3)
Por su parte, Leo Brouwer afirma que en: "Su música sinfónica inserta siempre un elemento de lo afrocubano ritual que no aparece de manera colorista; no es interpolación, no es la fuerza que se convierte en dato exótico [...]. No es la sinfónica allá y unos tambores graciosos para darle color. Esto es importante".
Pour la guitare, aux Cantos Yoruba (1970) de Hector Angulo (1932-2018) révélés par Léo dans Les Classiques de Cuba (Erato 1973), répondront les Rito De Los Orishas (1993) du même Leo et Oru Ritual y fiesta de lo Cubano (2007) de Sergio. Remarquons que si la version de Leo Brouwer est toute instrumentale et centrée sur la partition, celle de Sergio inclut le chant du recogidor Rogelio Martínez Furé (1937) et glisse progressivement vers l'improvisation.
Sobre las influencias que recibió desde el punto de vista de la composición [de los Cantos Yoruba], dijo Angulo: «Soy un continuador de la estética de Alejandro García Caturla en cuanto a su obra creativa basada en la presencia de elementos cubanos en los aspectos rítmicos, tímbricos, melódicos y formales […]».Cette tradition rythmique (chant + percussion) - car c'est elle dont il s'agit - est désormais le patrimoine commun (oral comme écrit) de tous les musiciens cubains. Elle devient en somme une "structure élémentaire de la parenté".
"El ritmo no tiene que ver sólo con la fiesta y con el baile. Puede ser dramático, tener otra interpretación. Empecé a trabajar el modelo rítmico con esquemas armónicos y orquestales de mucho lirismo y agresividad a la vez. Esto creó un fenómeno musical, que más tarde continuaron Frank Fernández y José María, mi hermano, y otros creadores. Por primera vez nuestros ritmos clásicos fueron identificados con temas ajenos al baile".
Initiation & filiation
Aujourd'hui - même si un courant de la tradition africaine, inspiré par l'Africanisme des années 80, se dés-intègre du syncrétisme - on pourra juger de la différence par laquelle Cuba aura renouvelé sa musique (même la branche électronique s'y désaltère) par le socius - comme on dirait en science humaine - d'avec l'évolution européenne qui semble toute intellectuelle, et comment cette nouvelle entité culturelle de Cuba fait école.
Depuis ¡Écue-Yamba-O! (1933) Alejo Carpentier (1904-1980)
[...] roman afro-cubain et moderniste, c’est-à-dire d’avant-garde et traditionaliste [...]depuis la fondation du Conjunto Folklórico Nacional en 1962 par Rogelio M. Furé
[...] entre los 56 miembros que de inicio tenía el grupo había conocedores de varias manifestaciones como Yoruba, Congo, Abakuá y Rumba[...]
parmi ces innombrables "sourires", littéraires, théatraux, picturaux et musicaux, citons une formation initiée par Felipe Cabrera, laquelle se reforme épisodiquement Rumba Abierta (2003) dans laquelle c'est un chilien, Sebastian Quezada qui chante en yoruba, langue qu'il a apprise lors d'un séjour à Cuba auprès de Regino Jimenez Saez (1948-2005).
Notes
(1) article de Mauricio Vicent (El Pais / 6 de Maio 2016)(2) ibid.
(3) ibid.



