Extrait d'une lettre à Arnaud Dumond, lui exposant l'esprit de JAMMIN' LEO
[...] Ainsi JAMMIN' LEO, c’est l’irruption d’une bande de nègres (1) dans le salon de musique d’un peintre flamand (cf. arrangement de l’Etude 4). Mais l’inverse est vrai : c’est le mardi-gras d’une troupe de babtous (2) piétinant les autels des orishas. Et plus simplement, c’est du métissage imaginaire autant que des aventures de pirates en chambre. Vous êtes alors en musique dans une île au trésor, sérieux et convaincu comme un enfant: vous vous emparez des signes musicaux et vous en faites des plumes à vous ceindre la tête, à faire ouh ouh, pourvu que vous sachiez trouver le son, au moment où il peut seul exaucer cette poursuite d’un rite sans mémoire. |
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les deux films cubains (1 & 2) contemporains de l'oeuvre de Brouwer sont des symétriques-inverses
1) dans la deuxième partie de La Ultima Cena (Tomas Gutierrez-Alea 1976) les esclaves, encore moins que la domesticité, dénaturent le rituel auquel ils ont été conviés, la foi (et les autres vertus théologales) du maître se révèlant impratiquable, puisque incapable de faire se résigner les uns, lui ne renonçant jamais plus que quelques heures à l'exercice d'une oppression-répression sans pitié.
2) dans le générique de Cecilia (Humbertos Solas - 1982) une procession de blans phagocite un rituel d'esclaves africains, les chants de ceux-ci étant progressivement couverts par les choeurs de ceux-là, une séquence pacifique mais néanmoins démonstrative de la dominance musicale (culturelle) des uns sur les autres;
1) dans la deuxième partie de La Ultima Cena (Tomas Gutierrez-Alea 1976) les esclaves, encore moins que la domesticité, dénaturent le rituel auquel ils ont été conviés, la foi (et les autres vertus théologales) du maître se révèlant impratiquable, puisque incapable de faire se résigner les uns, lui ne renonçant jamais plus que quelques heures à l'exercice d'une oppression-répression sans pitié.
2) dans le générique de Cecilia (Humbertos Solas - 1982) une procession de blans phagocite un rituel d'esclaves africains, les chants de ceux-ci étant progressivement couverts par les choeurs de ceux-là, une séquence pacifique mais néanmoins démonstrative de la dominance musicale (culturelle) des uns sur les autres;