Si c'est à Mathias Berchadsky que je dois d'avoir fait la connaissance de Bobby, c'est Bobby qui m'a parrainé auprès de Orlando Poleo et de Felipe Cabrera.
Bobby était en outre l'un des collaborateurs préférés d'Alfredo Rodriguez. Parisien d'adoption, on trouve sa biographie sur toutes les pages qui assurent la
promotion de ses concerts et participations. D'une apparence réservée et d'une attitude bienveillante à l'égard du "débutant" que j'étais, ce révérend du Colorado
campe le type même du soliste nord-américain très sur, du swingman, de l'audace contenue dans l'interprétation du matériel musical qu'on lui confie. Il se montre
en outre très réceptif à l'introduction des nouveaux talents. Ainsi s'articula-t-il au mieux avec Misja Michel dont la prolixité n'est pas toujours bien entendue.
En dépit des clichés dont son jeu est exempt, Bobby figure assez bien le musicien zen.
Leader un quartet et improviser sur des arrangements d'une source écrite n'est pas une chose si évidente. Bobby a réalisé ce que personne d'autre n'aurait réussi
à sa place: sa contribution acoustique à Jammin'Leo me semble un véritable Jazz de chambre et ses soli sont tous emprunts d'une "sobre élégance".
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