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Les enxaquetados sont un type de carreaux propre à l'azulejaria portugaise.
Le plus simple des enxaquetados est un "losange carré" (ou, si l'on préfère, un carré "la pointe en haut") noir sur fond blanc. ![]() fig 0 Les enxaquetados sont répétés par translation pour couvrir une surface telle qu'un mur ou une partie d'un mur. Il doivent produire un effet de damier (ou "échiqueté") alternant des carrés blancs et noirs en diagonale (parfois bleus et/ou verts); pour ceci, on peut utiliser au moins trois carreaux différents:
La relation entre le côté du carreau (c) et sa diagnoale (d) est donnée par le Dans le plus récent inventaire, tout azulejo présentant une symétrie diagnole mérite le caractère "enxaquetado" quelle qu'en soit l'ornementation.
Ainsi, l'enxaquetado moderne est une unité à quatre éléments en rotation, dont le principe est la structure en damier et son contraste binaire:
Les enxaquetados authentiques (XVI° et XVII ° siècles).
Cependant, avec les azulejos "industriels" disparait le style pur des enxaquetados qui furent une géométrie "sacrée", une période de l'azulejaria portugaise dépouillée de toutes décorations superfi-cielles. Car les enxaquetados excluent non seulement toutes références figuratives, réduisant les couleurs à deux ou trois, mais ils se composent entre eux (entre panneaux), tendant un réseau complexes de grandes lignes qui doivent mettre en valeur des éléments architecturaux de tailles et formes diverses. Par leur limite à l'essentiel, ils évitent le
fouillis et les bigarrures des juxtapositions profanes.
A de rares exceptions près, dont les clochers (cf. Sao Vicente / Madère), les enxaquetados "authentiques" sont des azulejos "intérieurs" (pour ne pas dire d'intérieur), rarement utilisés hors d'un édifice religieux (couvent, cloitre, église, chapelle, ...). Non figuratifs, ils sont abstraits, régis par la géométrie plane mais ils ont aussi une portée symbolique; ils sont aussi des signes qui ne sont pas sans rapport avec l'héraldique dont ils partagent la partition.
![]() La seule règle de composition, indépendament de la forme et de la taille, est l'alternance des couleurs dans les lignes et dans les colonnes (comme sur un échiquier ou damier). En effet, l'introduction de couleurs reste le plus sur moyen de "désymétriser" une figure symétrique, de transformer une partition de carreau en pavage apériodique. (cf. Wang et exemples) L'effet final (voire leur portée symbolique), leur rythme et leur équilibre dépendent de leur pose en diagonale ou "la pointe en haut". Alors que l'azulejo "industriel" (à partir du XVIII° siècle) - par opposition à "artisanal" - sert principa-lement à la décoration des façades des habitations, l'enxaquetado doit s'harmoniser avec un dessin architectural précis:
Les deux grandes particularités des enxaquetados "authentiques" se résument à ceci
Un modulo binaire (2 x 2) pour les enxaquetados
Le module de base supporte la modulation chromatique du noir en couleurs Le module de base donne la logique des augmentations ou des diminutions de surfaces à l'intérieur des subdivisions : toutes les pièces d'une ligne ont la même hauteur et toutes les pièces d'une colonne ont la même largeur.
Un modulo ternaire (3 x 3) pour les grandes surfaces en enxaquetados
Un deuxième modèle, épuré, entièrement symétrique.
Les enxaquetados tardifs présentent souvent comme carreau axial un motif dérivé de l'héraldique, synonyme d'un enrichissement de couleurs (jaune). Comparé au premier modèle, on constate que la forme est identique, que la partie A est placée au centre de la composition CBC, BAB, CBC, que les couleurs sont inversées .
on les retrouve sur des façades hi-tech, à très grande échelle. Pour le monde actuel, on trouvera parfois une utilisation de l'enxaquetado authentique tardif dans un contexte ordinaire (ou décoration utilitaire), comme à la gare ferroviaire de Tomar (à noter le contrepoint des fenêtres)
Enxaquetado : un motif tronqué avec bordure
L'art des carreleurs s'exerce aussi dans la pose, par l'imagination, des irrégularités, des troncatures et des altérations: ainsi on trouve à Lisbonne dans le Restaurante Abadia situé dans le Palácio Foz plusieurs exemples de motifs complexes à base d'enxaquetado. Construit en 1917, cet architecture d'intérieur est un syncrétisme entre le style religieux traditionnel et les recherches de l'art moderne.
Les enxaquetados, austérité et abstraction
Faut-il voir une reprise des enxaquetados dans l'art du XX °siècle, par des peintres comme
Théo van Doesburg ou Piet Mondrian (De Stils 1915-1932)? Il faudrait alors s'interroger une fois de plus sur la longue influence (à double sens) entre Portugal et Hollande. Pour en rester aux XVI° et XVII° siècles, on ne voit guère que la Croix et la Trinité pour donner une portée symbolique aux enxaquetedos, même si la question du coût économique et les limites des pigments naturels auront longtemps été les raisons de leur "art dépouillé".
Enfin, il n'est pas exclu que l'enxaquetado puisse évoluer à partir des plus simples formules du Cellular Automata selon les principes d'auto-organisation de la Sayab-rule ![]() Alors, on pourra concevoir le tracé de l'enxaquetado ancien comme équivalent d'une Références
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